Reiki : la pratique qui a ouvert mon chemin vers le soin énergétique
Première pratique de soin énergétique que j’ai découverte à Ubud en 2014, le Reiki accompagne mon parcours depuis plus de dix ans. Du premier soin reçu à ma formation de Maître Enseignante, une réflexion personnelle sur cette pratique japonaise, sa simplicité, sa transmission et la place qu’elle occupe encore aujourd’hui dans ma manière d’accompagner.
Ma rencontre avec le Reiki remonte à 2014, à Ubud, lorsque j’ai reçu mon premier soin auprès de Cat Wheeler.
À cette époque, je n’avais encore aucune pratique du soin énergétique. Le Reiki a été ma première expérience dans cet univers et, l’année suivante, j’ai décidé de me former auprès de Cat : Reiki I en 2015, Reiki II en 2016, puis Maître Enseignante en 2019. Toutes les étapes de ce parcours se sont déroulées à Ubud, auprès de la même enseignante.
Cette continuité a beaucoup compté pour moi. Je n’ai pas enchaîné rapidement les niveaux auprès de différents enseignants. Plusieurs années se sont écoulées entre ma première expérience et la transmission du Reiki à mon tour, des années pendant lesquelles j’ai pratiqué et laissé ma compréhension évoluer.
Depuis, mon parcours s’est considérablement élargi. J’ai découvert le chamanisme, qui est devenu central dans ma pratique, puis le travail avec le son, le corps, la méditation, le Tantra et différentes formes de voyages intérieurs. Ma manière d’accompagner aujourd’hui est beaucoup plus vaste que lorsque j’ai commencé.
Mais le Reiki occupe toujours une place particulière.
C’est avec lui que j’ai appris pour la première fois ce que signifie entrer dans une relation de soin.
Qu’est-ce que le Reiki ?
Le Reiki est une pratique japonaise développée par Mikao Usui au début du XXe siècle.
Le terme Reiki, 霊気, est composé de rei (霊) et ki (気). Ki renvoie à la notion de souffle, de vitalité ou d’énergie vitale. Rei possède un sens plus difficile à restituer en français et peut notamment évoquer l’esprit ou la dimension spirituelle. En Occident, Reiki a largement été traduit par « énergie universelle de vie », une traduction devenue courante mais qui simplifie la richesse des termes japonais.
Dans la forme de Reiki qui m’a été transmise, le soin se pratique principalement par apposition des mains sur différentes parties du corps, ou à proximité lorsque le contact n’est pas souhaité.
La pratique repose sur l’idée que le praticien ne donne pas sa propre énergie à la personne et ne cherche pas non plus à diriger mentalement ce qui devrait se produire. Il se rend disponible à la circulation du Reiki.
Cette distinction a toujours été importante pour moi : il ne s’agit pas de forcer un résultat.
Une pratique qui commence par soi
Lorsque j’ai été initiée au Reiki I en 2015, j’ai d’abord appris à pratiquer sur moi-même.
L’auto-traitement fait partie des fondements du Reiki. Avant de devenir une pratique destinée aux autres, il peut donc devenir une discipline personnelle : prendre le temps de s’arrêter, poser les mains sur son propre corps et pratiquer régulièrement.
Avec le recul, je trouve très juste que mon apprentissage du soin ait commencé ainsi.
Avant de vouloir accompagner les autres, pratiquer sur soi.
Avant de chercher à développer toujours plus de techniques, construire une relation avec une pratique.
Cette idée a continué à m’accompagner bien au-delà du Reiki.
Aujourd’hui encore, je considère qu’on ne peut pas séparer complètement la manière dont nous accompagnons les autres de la manière dont nous prenons soin de notre propre équilibre, de nos limites et de nos processus.
La particularité d’un soin Reiki
Le Reiki est une pratique sobre.
La personne est généralement allongée et habillée. Le praticien place successivement ses mains sur différentes zones du corps ou à proximité. Il n’est pas nécessaire de parler pendant toute la séance ni de chercher consciemment à produire un état particulier.
Les expériences varient beaucoup d’une personne à l’autre.
Certaines ressentent de la chaleur sous les mains, des picotements ou différentes sensations corporelles. Certaines entrent dans un état de détente profonde. Des émotions, des images ou des souvenirs peuvent parfois émerger. D’autres personnes ressentent très peu de choses pendant la séance.
Je ne cherche pas à établir une hiérarchie entre ces expériences.
Avec les années, je suis même devenue beaucoup moins intéressée par la recherche de manifestations spectaculaires pendant un soin.
Une expérience intense n’est pas nécessairement une expérience plus profonde.
Et ne rien ressentir d’extraordinaire ne signifie pas que la séance a été « ratée ».
Ce que le Reiki m’a appris du soin
Lorsque je regarde aujourd’hui les douze années écoulées depuis mon premier soin, je réalise que le Reiki m’a transmis quelque chose qui dépasse largement sa technique.
Il m’a appris à ne pas vouloir constamment intervenir.
Cette distinction est devenue essentielle dans ma pratique.
Lorsque nous accompagnons quelqu’un, surtout au début, nous pouvons facilement être tentés de vouloir faire beaucoup : chercher l’origine d’un problème, identifier ce qui bloque, provoquer un changement, multiplier les techniques.
L’expérience m’a progressivement appris qu’un soin ne devient pas meilleur parce que le praticien en fait davantage.
Il faut aussi savoir observer.
Attendre.
Sentir quand intervenir et quand ne pas intervenir.
Accepter qu’une séance ne suive pas nécessairement ce que nous avions imaginé.
Le Reiki a été ma première rencontre avec cette forme de sobriété.
De la pratique à la transmission
Je suis passée du Reiki I en 2015 au Reiki II en 2016, puis au niveau de Maître Enseignante en 2019.
Le temps entre ces différentes étapes a été important.
Une initiation donne accès à une pratique. Elle ne remplace pas les années nécessaires pour l’expérimenter et construire son propre rapport à elle.
Lorsque je suis devenue Maître Enseignante, la question n’était donc plus seulement de savoir pratiquer un soin. Je devenais également responsable de la manière dont je transmettais ce que j’avais moi-même reçu.
Et transmettre implique, pour moi, de ne pas créer l’illusion qu’un niveau, un certificat ou une initiation suffisent à faire un praticien.
La formation donne un cadre et des outils.
Ensuite vient la pratique.
Et cette pratique continue de nous enseigner bien après la formation.
Comment ma compréhension du Reiki a évolué
Je ne parlerais probablement pas du Reiki aujourd’hui exactement comme j’en parlais lorsque je l’ai découvert.
Dans le monde du bien-être, on lui attribue parfois des effets extrêmement précis : renforcer l’immunité, éliminer les toxines, agir sur certains organes ou traiter différentes pathologies.
Je préfère aujourd’hui ne pas faire ce type d’affirmations.
Le Reiki est une pratique complémentaire. Il ne remplace pas la médecine, un diagnostic ou un traitement lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Cela ne m’oblige pas pour autant à nier mon expérience du travail énergétique.
Je continue à pratiquer le Reiki parce que j’en reconnais la valeur dans mon expérience et dans celle des personnes que j’ai accompagnées. Mais je préfère laisser cette expérience exister sans chercher à lui attribuer des effets médicaux que je ne peux pas établir.
Cette distinction fait partie de l’évolution de ma pratique : pouvoir rester profondément engagée dans les approches énergétiques et spirituelles tout en conservant du discernement sur ce que je peux, ou non, affirmer.
Une pratique que l’on peut aussi s’approprier
Il existe un autre aspect du Reiki auquel je suis aujourd’hui particulièrement attachée : une personne peut apprendre à le pratiquer elle-même.
Elle peut recevoir un soin lorsqu’elle en ressent le besoin, mais elle peut également choisir d’être initiée et développer son propre auto-traitement.
Cette possibilité rejoint directement ma conception actuelle de l’accompagnement.
Je ne crois pas qu’un praticien devrait chercher à devenir indispensable aux personnes qu’il accompagne.
Recevoir de l’aide est parfois nécessaire. Revenir ponctuellement vers un praticien peut être précieux. Mais l’objectif ne devrait pas être d’installer l’idée que notre équilibre dépend continuellement d’une intervention extérieure.
Le Reiki offre justement cette possibilité intéressante de passer de celui ou celle qui reçoit à celui ou celle qui possède aussi une pratique personnelle.
Ce déplacement me paraît important.
Il rend à la personne une place active dans son rapport au soin.
La place du Reiki aujourd’hui
Le Reiki n’est plus aujourd’hui la seule pratique à travers laquelle j’accompagne.
Mon travail a beaucoup évolué depuis 2014, et certaines approches que j’ai découvertes par la suite me permettent d’aller dans des dimensions que le Reiki n’explore pas de la même manière.
Je ne lui demande donc pas d’être autre chose que ce qu’il est.
Et je crois que c’est justement ce qui me permet de continuer à l’apprécier.
Je peux choisir un soin chamanique lorsqu’un travail plus profond avec les images, les esprits alliés ou certaines formes de restauration me semble pertinent.
Je peux utiliser le son lorsque celui-ci offre une autre porte d’entrée dans le corps et le voyage intérieur.
Je peux proposer une pratique corporelle lorsque l’intégration demande davantage d’incarnation.
Et je peux revenir au Reiki lorsque ce dont une personne a besoin est simplement de recevoir un soin énergétique dans un cadre doux et peu interventionniste.
Après douze ans, le Reiki n’a donc pas perdu sa place parce que j’ai appris d’autres pratiques.
Sa place est simplement devenue plus claire.
Il a été ma première rencontre avec le soin énergétique, ma première formation et ma première expérience d’une pratique que j’allais ensuite transmettre à mon tour.
Et il reste aujourd’hui l’un des outils auxquels je peux revenir précisément pour ce qui le caractérise depuis le début de mon parcours : sa simplicité.